Castors, pain-ponts, rallye-photos: LPO fête ses 20 ans lors de la journée des familles d’accueil !

Ce 24 avril, super ambiance à Rendeux pour la journée des familles d’accueil ! Le matin, pendant que des enfants pétrissaient leur propre pain et le cuisaient au feu de bois dans un authentique camion de pompiers, d’autres découvraient les traces et abris de nos amis castors le long des berges de l’Ourthe.

Pendant ce temps, les parents profitaient d’un temps d’écoute et de partage. Parmi eux, de nombreux grands-parents que les circonstances de la vie ont fait ‘’passer du statut de grands-parents gâteaux à celui de grands-parents éducateurs’’, comme l’exprimait l’un d’eux. Pas toujours simple, et douloureux de se sentir ‘’partagé’’ entre ses petits-enfants et son propre enfant : il faut à un moment faire un choix… Des points communs entre ces familles d’accueil ‘’élargies’’ et les familles d’accueil sélectionnées : l’énergie et la créativité investies par les parents d’accueil pour donner les meilleures chances possibles à l’enfant au niveau scolaire, au niveau de son acceptation sans ‘’stigmatisation’’ (oh, c’est un enfant en accueil, alors il sera plus difficile, plus ceci ou cela…). Le découragement ou/et la colère parfois quand l’enfant n’est pas bien intégré, a une étiquette, quand les décisions prises par les mandants ne paraissent pas adéquates et qu’il faut essayer de le faire comprendre, qu’on se sent démuni… Mais aussi les moments heureux et paisibles quand l’enfant va bien, quand la collaboration est constructive avec les professionnels et qu’on se sent compris et soutenu dans ce qu’on essaye de mettre en place … Cela aide de parler ensemble, en toute confiance, de ces hauts et bas, de ces questionnements qui émaillent l’accueil ! Comme cela aide de partager les chouettes moments et les bonheurs. 1

Revigorés par un copieux repas-buffet, des enfants sont allés préparer, avec l’aide d’un pompier-boulanger hors pair, les délicieux cougnous qui, superposés, constitueraient le gâteau d’anniversaire des 20 ans de La Porte Ouverte. Un groupe de familles et d’enfants ont bravé le froid pour relever les défis d’un rallye-photos : ‘’toboggan’’ des castors, troncs rongés et barrage, parcours-aventure assez acrobatique par endroits (l’entraide ne fut pas un vain mot !) débouchant sur un superbe arboretum… Voyez les belles photos de notre reporter M., 13 ans et passionné de nature ! Cette super balade guidée par Nathalie s’est terminée sous les grêlons mais ‘’même pas peur, même pas froid’’ ! Les enfants ont ensuite bien profité de l’averse de neige qui a suivi, leurs pantalons aussi !

Bref, une journée pleine de découvertes, d’émotions, d’échanges et de plaisir !

 

Merci à Nathalie de Rendovive et aux pompiers-boulangers de pains-ponts.

 

 

1 La cellule ‘’Ecoute’’ de La Porte Ouverte organise des soirées d’écoute et d’échanges ainsi qu’une écoute téléphonique justement parce que cela fait du bien de partager ce qu’on vit avec des ‘’pairs’’

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Bébés « parqués » en hôpital faute de place

Bébés « parqués » en hôpital faute de place dans une structure adaptée:

proposition du 03.02.16

145 ‘’bébés parqués’’ en un an

 

On parle de ‘’bébés parqués’’ pour désigner les enfants de moins de 7 ans qui sont placés en hôpital ou sont maintenus en milieu hospitalier non pour des raisons médicales, mais parce qu’il n’y a pas de place pour eux dans une structure adaptée.

 

Selon une première estimation du Cabinet du Ministre de l’Aide à la Jeunesse, Rachid Madrane, en un an, 145 enfants de moins de 6 ans ont été hospitalisés en Wallonie et à Bruxelles sans que leur état de santé physique ou psychique nécessite des soins médicaux. Près de la moitié avait moins d’un an, un quart avait moins de 3 mois. Un enfant sur deux est hospitalisé durant moins d’un mois, mais un sur cinq reste à l’hôpital plus de 3 mois.1

 

Comment ces bébés, ces enfants arrivent-ils en milieu hospitalier ? C’est souvent suite à des soupçons d’abus ou de maltraitance que les autorités mandantes (SAJ, SPJ, Juge de la Jeunesse) décident de les retirer en urgence de leur milieu familial et de les placer dans un service pédiatrique afin de réaliser une observation et de poser un diagnostic.

 

Devenir de ces enfants

 

Une fois ce diagnostic établi, il faut envisager où l’enfant va vivre. 20 % sont suivis dans leur milieu de vie par un service de l’aide à la jeunesse. 20 % sont placés dans un service agréé. 25 % d’entre eux sont confiés à une famille d’accueil.  Moins de 10 % arrivent dans un SASPE (service d’accueil spécialisé de la petite enfance, autrement dit ‘’pouponnière’’, financé par l’ONE). 20 % ne bénéficient d’aucune prise en charge après l’hospitalisation.2

 

Pourquoi ‘’parquer’’ ces enfants à l’hôpital ?

 

Comment expliquer que de jeunes enfants soient maintenus à l’hôpital après le diagnostic ou même y soient directement placés par les autorités mandantes ? Selon Rachid Madrane, cela s’explique par le manque  de places, lui-même lié au sous-financement chronique du secteur de l’aide à la jeunesse. Il y a 7 centres d’accueil d’urgence auxquels un enfant peut être confié pour 20 jours, renouvelable une fois, alors qu’il en faudrait 13, soit un par arrondissement. Manque de places également dans les Services d’Aide et d’Intervention Educative (SAIE, accompagnement dans le milieu de vie) et dans les Services d’Accueil et d’Aide Educative (SAAE, l’enfant séjourne hors du milieu familial) ; du coup, un enfant placé en SASPE ne peut pas être confié en temps voulu à l’un de ces services et donc, reste plus longtemps que nécessaire en SASPE, ce qui ‘’bloque’’ la place pour un autre enfant.

 

Des conséquences sérieuses

 

Le Ministre parle à ce sujet de véritable maltraitance institutionnelle. En effet, un hôpital n’est pas équipé pour répondre aux besoins de jeunes enfants déjà fragilisés par ce qu’ils ont vécu et qui a amené à leur hospitalisation. Il leur faudrait un accompagnement psychologique, social ainsi qu’un suivi de leur milieu familial.

 

Outre le risque de contracter des maladies au contact d’autres enfants malades, ces tout jeunes enfants risquent de développer des carences affectives et des retards dans leur développement cognitif et social. On connaît l’importance des premiers mois, des premières années pour la bonne évolution d’un enfant, ainsi que son besoin d’une figure d’attachement stable et fiable, qui réponde à ses besoins de façon rapide (sinon l’angoisse puis le désespoir succéderont à la colère), chaleureuse (car il a besoin d’entrer en relation), adaptée (au besoin exprimé), prévisible (le bébé peut compter que son besoin sera apaisé). Les services pédiatriques sont outillés pour diagnostiquer et soigner, pas pour assurer un hébergement répondant notamment au besoin d’un attachement de qualité permettant à l’enfant de construire, jusqu’à ses 2 ans environ,  sa confiance de base en lui et dans le monde qui l’entoure, ainsi que de développer ses capacités affectives, cognitives et sociales.

 

 

Une proposition votée à l’unanimité propose des pistes de résolution

 

Rédigée par Véronique Salvi du CDH, rejointe par d’autres partis, une ‘’proposition de résolution relative aux bébés hospitalisés faute de places dans une structure adaptée, dits ‘’bébés parqués’’ a été votée à l’unanimité en février 2016 par le parlement de la communauté française.

 

Cette proposition propose des pistes pour que les besoins et les droits des enfants en bas âge et en danger soient respectés :

 

¨ avoir des statistiques précises sur le nombre d’enfants en danger placés en hôpital faute de places dans une structure adaptée et l’inscrire dans les rapports de l’aide à la jeunesse ; cela permettra d’orienter les politiques ;

 

objectiver les raisons du placement dans des structures hospitalières en interrogeant les mandants ;

 

¨ dégager d’urgence les moyens nécessaires pour créer de nouvelles places dans les SASPE mais aussi dans les services d’accueil de l’aide à la jeunesse ;

 

¨ améliorer l’offre d’accueil familial en renforçant les campagnes de recrutement de familles d’accueil, les formations et la facilitation des démarches administratives ;

 

¨ réunir les acteurs de l’enfance, de l’aide à la jeunesse et des hôpitaux autour de la problématique des ‘’bébés parqués’’ pour développer des initiatives ou prises en charge spécifiques à ces enfants.

 

Commentaires

 

Trois pistes principales donc : l’accueil institutionnel, l’accueil familial, la collaboration entre tous les acteurs concernés pour trouver des pistes adaptées aux besoins de ces enfants.

 

Plus il y aura de solutions disponibles, mieux on pourra choisir LA solution adaptée aux besoins de TEL enfant particulier, au lieu de le ‘’caser’’ là où il y a de la place comme c’est trop souvent le cas actuellement, tant pour de jeunes enfants que pour les plus grands. Actuellement, quand un enfant a besoin par exemple d’un suivi en famille ou d’une prise en charge plus spécialisée comme un SRJ, le DELAI D’ATTENTE va de quelques mois à un an ou plus. La situation a donc tout le temps de se dégrader et d’aboutir au pire à une rupture (des liens familiaux, des liens en famille d’accueil) alors qu’un soutien rapide et adapté aurait donné une chance de débloquer les choses…On n’a jamais autant parlé des droits de l’enfant, de l’écoute de l’enfant…alors soyons cohérents en ne restreignant pas ses droits sur le terrain ! Que valent des paroles sans les actes ?

 

 

1 et 2  source : article mis en ligne par Elodie Blogie dans Le Soir le 23.02.2016

 

Autre source : Parlement de la Communauté française, 3 février 2016, proposition de résolution relative aux bébés hospitalisés faute de places dans une structure adaptée, dits ‘’bébés parqués’’

 

 

Accès au congé parental pour les parents d’accueil

Ça se passe dans la salle d’attente de la prison de B.  Enfants et ados attendent l’arrivée de la psychologue du Relais Enfants-Parents qui les emmènera rendre visite à leur papa. Certains patientent calmement, assis sur les bancs : ils jouent sur leur portable ou leur DS, discutent avec leurs voisins (de visite en visite, les mêmes visages se retrouvent et des affinités se sont créées). Les plus jeunes sont souvent plus agités, se poursuivent, s’attrapent, rient ou parfois s’énervent. Il faut dire que le cadre, avec ses portes blindées ouvertes une à la fois, ses gardiens protégés par une vitre pare-balles et son portique détecteur de métal  ne favorisent pas vraiment une ambiance détendue… Un petit garçon de 2 ans s’amuse beaucoup à faire courir sa mère : il ne tient pas en place, ignore en riant ses appels… Elle rit mais fatigue également…

 

Au fil de quelques échanges, nous apprenons qu’elle n’est pas sa maman mais sa tante : suite à l’emprisonnement de son frère et à la dépression de leur maman,  elle n’a pas eu le cœur de laisser partir dans un home – où ils auraient peut-être été séparés – son neveu et ses deux nièces (6 et 8 ans). Ces enfants n’avaient jamais connu que la vie familiale, comment auraient-ils réagi, en plus du traumatisme de ces évènements ?

 

Avec son mari et leurs deux grands enfants aux études supérieures, les voilà donc en quelques jours devenus famille d’accueil de trois petits, alors que leurs propres enfants prenaient doucement le chemin de l’autonomie et qu’eux retrouvaient du temps pour des projets personnels ou de couple. Heureusement, ils ne sont pas débiteurs d’aliments comme le seraient des grands-parents : le SAJ leur accorde donc d’office le taux d’entretien. Le plus difficile pour cette tante, c’est le manque de temps : un enfant pas encore à l’école, deux autres en primaires qui ont besoin d’être suivis. Elle renonce donc temporairement à son emploi, qu’elle aime beaucoup pourtant.  Pas de droit à un congé parental puisque ce ne sont pas ses enfants (sinon elle aurait eu droit à l’équivalent d’un an à temps plein, soit 4 mois x 3 enfants de moins de 12 ans) ; elle prend donc un congé sans solde de 6 mois, qu’elle est obligée de prolonger car elle se rend compte que la reprise de son boulot est inconciliable avec toutes les tâches quotidiennes à effectuer, les visites aux parents, les réunions avec les professionnels responsables du suivi. D’autre part, même si ses enfants la rassurent à ce niveau et ont très bien accueilli leurs petits cousins, elle est triste de devoir priver ses grands du niveau de confort qu’elle pouvait leur offrir quand son mari et elle travaillaient tous deux.(NDLR : elle verra aussi la différence pour elle, au moment du calcul de ses années de travail pour la pension…). Enfin, elle avoue à mi-voix que les petits loups en question ne sont pas spécialement faciles à vivre ni conscients des efforts et renoncements consentis : un merci de temps en temps l’encouragerait pourtant… Cette situation d’accueil, elle ne l’a pas choisie et n’a pas eu le temps de la réfléchir : elle a répondu à une urgence pour protéger au maximum les petits, leur assurer une vie aussi normale que possible. Et voilà sa vie et celle de sa famille bouleversée, chahutée pour longtemps… Dans l’espoir que ces enfants grandissent au mieux, grâce à la chaleur d’une vie familiale et aux contacts réguliers avec leurs parents.

Les familles d’accueil sélectionnées par un service de placement familial voient leur vie habituelle bouleversée de la même façon, font preuve de la même solidarité et sont habitées par le même désir de tout faire pour rendre leur chance à des enfants blessés du fait des circonstances de leur vie. Avec l’avantage qu’ils choisissent d’accueillir et ont donc le temps pour s’y préparer ; qu’ils seront d’office suivis par le service qui les a sélectionnés alors que les familles élargies ne bénéficient pas systématiquement de cette aide. D’autre part, au contraire de l’entourage proche, ils ne connaissent pas l’enfant et ses parents, ce qui comporte des avantages et des désavantages.

En permettant à un enfant privé temporairement de sa famille de grandir dans un milieu familial, la famille d’accueil sélectionnée comme la famille d’accueil de l’entourage proche permettent toutes deux de concrétiser les recommandations de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant et les directives européennes qui indiquent de privilégier un milieu familial plutôt qu’un milieu institutionnel lorsqu’un enfant doit être séparé de ses parents. Il paraîtrait donc logique que les législations soutiennent au mieux ce genre de démarche, de sorte de faciliter l’intégration de l’enfant, de limiter les difficultés de réorganisation familiale ainsi que l’impact financier.

 

Comment comprendre alors que l’accès au congé parental de 4 mois en équivalent temps plein continue à être refusé aux parents d’accueil parce qu’il n’existe pas de lien légal comme dans le cas d’un enfant biologique ou adopté ? Certes, il existe un congé d’accueil de 4 à 6 semaines, calqué sur le congé d’adoption, si vous travaillez au fédéral ou à la région wallonne et que vous accueillez un enfant via une instance officielle ; certains employeurs prévoient aussi un temps variable de congé pour accueillir un enfant. Ces initiatives positives laissent cependant sur le bord du chemin tous les autres parents d’accueil travailleurs…

 

Les enfants accueillis, fragilisés par la séparation d’avec leur famille et par ce qu’ils ont vécu avant cela, auront besoin de temps, de la présence et de la disponibilité des adultes pour s’intégrer dans leur nouveau milieu de vie, pour refaire confiance et reprendre un bon développement.  Ils testeront souvent la solidité du lien d’attachement avec leur famille d’accueil, mettant à rude épreuve la patience et le sentiment de compétence de celle-ci. A la VUB, le professeur Vanderfaeillie a étudié le break down (interruption non programmée de l’accueil) et indiqué que l’accueil familial était une forme d’aide très positive1 pour l’enfant (quand on regarde son évolution à long terme) mais vulnérable ; il fallait donc la soutenir, notamment par des possibilités de relais, de répit.  Le congé parental, assez souple dans son organisation (on peut le prendre d’un coup ou l’étaler dans le temps), n’est-il pas un des moyens de permettre ce répit ?

 

Le coût a été estimé fin 2013, à l’occasion  du colloque proposé par La Porte Ouverte et son homologue néerlandophone. En tenant compte des parents d’accueil travaillant tous deux et accueillant un enfant de moins de 12 ans, et donc susceptibles de le solliciter,  on a estimé que, par an, pour tout le pays, 200 familles accueillantes environ pourraient le demander. La différence d’indemnisation par l’Onem entre un congé sans motif (seul accessible pour les parents d’accueil) et un congé parental (un peu plus de 700 € nets par mois pour une interruption à temps plein)  est d’environ 350 € nets, moins dans certains cas car les règles sont différentes selon les employeurs pour les autres congés. Ce coût est négligeable si on le compare au coût des hôpitaux, pouponnières ou autres institutions où certains enfants doivent rester suite au manque de familles d’accueil : une famille d’accueil bénéficiant d’un taux d’entretien (ce n’est pas le cas de toutes) coûte 5 à 8 fois moins cher (selon qu’elle perçoit ou non les allocations familiales, qui sont déduites du taux d’entretien) qu’une institution. Il ne s’agit pas bien sûr de dire que l’orientation d’un enfant doit se baser sur des critères financiers, mais d’expliquer que le refus actuel de congé parental au bénéfice d’un enfant accueilli est difficilement compréhensible même si on se place d’un point de vue financier. Rappelons qu’il y a quelques années encore, certains parents d’accueil ont bénéficié d’un congé parental suite à une attitude de tolérance de l’Onem à cette époque ; il y a eu depuis une ‘’remise au pas’’ de tous les bureaux de l’Onem mettant en avant l’absence de lien légal.

L’adoption d’un statut pour les accueillants familiaux, qui vient de franchir une première étape à la chambre, pourra-t-elle faire avancer les choses en leur reconnaissant une existence légale?

 

Enfin, certaines familles renoncent à poser leur candidature à l’accueil parce que les problèmes d’organisation leur semblent trop importants : ‘’Nous avons déjà pensé devenir famille d’accueil mais… nous courons déjà tant entre l’école, notre travail, les devoirs, les tâches ménagères, les activités extra-scolaires des enfants…’’ nous écrivait en juin 14 une famille de 2 enfants. La Porte Ouverte reçoit plusieurs fois par an des demandes d’information de personnes ou de couples qui envisagent l’accueil et demandent entre autres s’ils auront droit à un congé parental leur permettant soit de s’arrêter temporairement de travailler, soit de réduire leur temps de travail pendant les premières années. En cette période de pénurie de familles d’accueil, de ‘’bébés parqués’’ (voir l’article), et sachant que l’accueil familial est une solution adaptée aux besoins de stabilité et d’attachement fiable de nombreux enfants, les législations peuvent-elles continuer à ‘’mettre des bâtons dans les roues’’ des accueillants potentiels, à discriminer les enfants accueillis par rapport aux enfants biologiques ou adoptés en ce qui concerne le congé parental ?  

 

1 Selon le professeur Vanderfaeillie, l’accueil familial est une forme d’aide très positive car elle offre ‘’une plus grande attention, une structure, une continuité ; les enfants d’accueil sont plus nombreux à terminer leur formation, commettent moins de délits, sont plus heureux dans leur propre vie’’. Mais c’est aussi ‘’une forme d’aide vulnérable dont il faut prendre soin’’.

Lecture rapide

Actuellement, le congé parental de 4 mois accordé à tout parent travailleur pour son enfant biologique ou adopté de moins de 12 ans reste inaccessible au parent d’accueil (car pas de lien légal). C’est une discrimination envers cette forme de parentalité mais, plus choquant, envers l’enfant : un enfant n’a pas droit à la même disponibilité parentale selon qu’il soit entré dans la famille par la naissance, par l’adoption ou par l’accueil. C’est d’autant plus choquant qu’il s’agit d’enfants déjà fragilisés par leur vécu, auxquels la société doit une protection particulière (CIDE: la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ).

Leur démarche de solidarité ne doit pas être pénalisante pour les parents d’accueil en les forçant à puiser dans leurs congés annuels ou à diminuer leur sécurité financière par un congé moins ou pas indemnisé.  Permettre aux parents d’accueil de prendre un congé parental à temps plein ou partiel, c’est offrir à l’enfant accueilli la même disponibilité parentale qu’aux autres enfants ; c’est respecter leur vie familiale, c’est les aider à remplir au mieux leur tâche auprès de l’enfant accueilli ; c’est  aussi encourager les candidats à l’accueil en facilitant leur organisation et en réduisant l’impact financier.

 

Enfin un statut pour les parents d’accueil ?

Approbation de la proposition de loi à la Chambre

En mars 2016, « la proposition de loi modifiant le Code Civil en vue de l’instauration d’un statut pour les accueillants familiaux » a été relue, discutée, amendée, et finalement approuvée par la Chambre. Elle doit maintenant être vue par le Conseil d’Etat qui peut faire des commentaires dont le gouvernement tiendra compte ou pas. Ensuite, la loi sera d’application 6 mois après sa publication au Moniteur belge, afin de laisser aux gens de terrain le temps de se préparer à ces changements.

 

Un peu d’histoire

Petit retour en arrière : depuis une dizaine d’années maintenant, les associations de familles d’accueil francophone (La Porte Ouverte) et néerlandophone (actuellement VVP) demandaient qu’un statut  soit accordé aux parents d’accueil dans le Code Civil :

 

¨ pour leur permettre de prendre les décisions de vie quotidienne et les décisions urgentes afin d’éviter à l’enfant des attentes trop longues avant par exemple une autorisation d’excursion scolaire ou des soins dentaires, médicaux (cf. recommandation n°R(87) du conseil de l’Europe sur les familles nourricières adoptée le 20 mars 87) ;

 

¨ pour respecter les liens créés entre l’enfant et sa famille d’accueil au fil du temps : participation aux décisions concernant l’enfant, possibilité de contacts après la fin de l’accueil (si bien sûr c’est l’intérêt de l’enfant).

 

Les associations de familles d’accueil ne demandaient pas un transfert de l’autorité parentale, mais plutôt une présomption d’accord des parents pour les décisions permettant de gérer au mieux la vie quotidienne de l’enfant. Ces décisions seraient bien sûr discutées avec les parents lors des formalisations annuelles et, si possible, on essayerait de distinguer les décisions quotidiennes et les décisions plus fondamentales requérant l’accord des parents ; on pourrait aussi s’informer de la position des parents sur différents points (ex : choix de l’école, de l’activité sportive, de la contraception…) de façon à la respecter au maximum pour ne pas mettre l’enfant dans un conflit de loyauté. Mais tous les parents ne se présentent pas aux réunions, certains sont injoignables : un statut devait permettre de prendre quand même les décisions nécessaires dans l’intérêt de l’enfant et sans perdre un temps précieux à ‘’courir’’ après les autorisations.

 

Fin 2014 et début 2015 , trois propositions de loi dans le sens d’un statut ont vu le jour. Koen Geens, Ministre de la Justice, annonçait qu’il voulait aboutir avant la fin de la législature. L’avis du conseil d’Etat a été sollicité. En avril 2015, la chambre a également entendu les gens de terrain : Juge de la Jeunesse, avocat spécialisé jeunesse, La Porte Ouverte et son équivalent néerlandophone, les deux associations de parents d’élèves (libre et officiel), etc.

Des représentants issus de 4 partis ont ensuite proposé un texte modifié en fonction des remarques reçues du conseil d’Etat et du terrain. C’est ce texte qui vient d’être approuvé en mars 2016, avec quelques amendements.

 

Objectif et contenu 

 

Objectif :

 

La proposition de loi vise à instaurer un statut qui attribuerait aux accueillants familiaux (terme utilisé dans la proposition de mars 16) certains droits et devoirs sans ignorer les intérêts des autres personnes concernées. Elle respecterait les principes suivants :

 

¨ système de surveillance des accueillants familiaux pour s’assurer qu’ils offrent les conditions morales et matérielles nécessaires au bon développement de l’enfant ;

¨ les accueillants familiaux devraient pouvoir exercer, au nom des représentants légaux de l’enfant, les responsabilités parentales nécessaires pour prendre soin de l’enfant dans les affaires quotidiennes ou urgentes ;

¨ les accueillants familiaux devraient pouvoir exprimer leur avis avant toute décision importante concernant l’enfant ;

¨ quand un enfant est vraiment intégré dans une famille d’accueil, les accueillants devraient pouvoir demander le droit d’exercer certaines responsabilités parentales ;

¨ dans ce cas ou en cas de fin de placement, les accueillants devraient pouvoir exprimer leur point de vue. L’enfant suffisamment mature également. Lors des décisions, l’intérêt de l’enfant devrait primer.

 

L’auteur de la proposition de loi explique que le placement familial est en augmentation constante. En 2013, en Flandre, 750 nouveaux enfants ont été confiés en famille. Mais, vu le manque de familles d’accueil, en Flandre, seule une demande sur trois concernant un jeune enfant aboutit à son placement. En Flandre, chaque année, près de 400 enfants ou jeunes ne peuvent dès lors être accueillis dans une famille, alors même que le placement familial peut constituer une solution chaleureuse et efficace. Le placement familial est essentiellement une matière communautaire (aide aux personnes) mais certaines compétences sont encore fédérales, comme le statut des accueillants familiaux ou le congé d’accueil. Or, la confusion quant aux droits et obligations des accueillants familiaux et leur quasi absence de possibilité de faire valoir leur opinion ont un effet dissuasif sur les parents d’accueil et sur les candidats parents d’accueil. Il faut donc améliorer ces points.

 

Contenu

 

Les différents articles de cette proposition de loi seront intégrés dans le Code Civil, dans un chapitre intitulé ‘’De l’autorité parentale et de l’accueil familial’’. Il s’agit en effet d’organiser au mieux ‘’qui décide quoi, qui prend en charge quoi’’ dans le cadre d’un enfant dont les parents conservent l’autorité parentale, mais pas la garde concrète, autrement dit, de transférer de façon temporaire (tant que dure l’accueil) un certain nombre de compétences de l’autorité parentale.

 

¨ Durant la période de placement, les accueillants familiaux exercent le droit de garde matérielle de l’enfant, c’est-à-dire qu’ils ont la compétence juridique pour assurer l’éducation quotidienne de l’enfant, y compris le garder auprès d’eux et prendre toutes les décisions quotidiennes.

¨ Le droit de garde juridique (c’est-à-dire la compétence juridique pour prendre les décisions plus fondamentales concernant l’éducation) est exercé par les parents de l’enfant ou par le tuteur.

¨ En cas d’urgence, les accueillants familiaux peuvent également exercer le droit de garde juridique.

 

¨ Les parents ou le tuteur peuvent aussi convenir avec les accueillants familiaux de transférer d’autres droits et devoirs en vue de l’exercice de l’autorité parentale, sauf ceux relatifs à l’état de la personne de l’enfant (ex : on ne peut pas transférer le droit de consentir à son mariage ou à son adoption). La convention doit citer explicitement les droits et devoirs transférés aux accueillants familiaux. Elle est soumise pour homologation au tribunal de la famille, qui ne peut la refuser que si elle est contraire à l’intérêt de l’enfant. Si l’enfant est chez eux en permanence depuis un an au moins, les accueillants familiaux peuvent demander au juge de la famille le transfert d’autres droits et devoirs.

 

¨ Dans l’exercice des droits et devoirs qui leur sont attribués, les accueillants familiaux tiennent compte autant que possible des principes des parents ou du tuteur.

 

¨ Les parents ou le tuteur conservent le droit de surveiller l’éducation de l’enfant, qu’ils exercent ou non l’autorité parentale. Ils peuvent demander des infos, s’adresser au tribunal de la famille dans l’intérêt de l’enfant. Ils conservent le droit aux relations personnelles.

 

¨ Le tribunal de la famille peut ordonner, modifier ou mettre fin, dans l’intérêt de l’enfant, à toute décision relative à l’autorité parentale, sur demande des père et/ou mère, du tuteur, des accueillants familiaux ou du Procureur du Roi. Si les père et/ou mère, le tuteur ou les accueillants familiaux refusent d’exécuter la convention ou la décision judiciaire relative aux relations personnelles avec l’enfant placé, le tribunal de la famille peut être saisi.

 

¨ Pour l’application de l’art.375 bis du code civil (qui traite du droit aux relations personnelles), la personne chez qui un enfant a été placé de façon permanente pendant au moins un an est présumée avoir un lien d’affection particulier avec cet enfant (et donc pouvoir à ce titre demander la continuation des contacts même si l’accueil a pris fin) pour autant que cela corresponde à l’intérêt de l’enfant.

Quelques commentaires :

Rappelons que cette proposition de loi a encore un parcours à effectuer avant de devenir effective. Nous pouvons constater qu’elle répond à deux de nos demandes importantes : la possibilité légale de prendre les décisions de vie quotidienne et les décisions urgentes ; la possibilité de maintenir des contacts avec l’enfant après la fin de l’accueil si bien sûr cela répond à l’intérêt de l’enfant. La proposition utilise également l’outil d’une convention entre parents et parents d’accueil. Un recours devant le tribunal de la famille est cependant toujours possible pour toutes les personnes intéressées, le tribunal de la famille étant la juridiction naturelle pour tous les litiges relatifs à l’autorité parentale.

 

Si les parents et la famille d’accueil arrivent à se mettre d’accord, dans une convention, sur les grandes lignes de l’éducation de l’enfant (école, loisirs, fréquentations, valeurs, vacances notamment  à l’étranger…), cela assurera une meilleure continuité et cohérence dans la vie de celui-ci, cela diminuera les conflits de loyauté pour lui et les risques de conflits entre les deux familles. Ce n’est pas simple car les parents se sentent en situation d’échec et dévalorisés : ils doivent passer le relais à d’autres pour l’éducation et les soins de leur propre enfant. Quant à la famille d’accueil, elle voit l’état et la souffrance de l’enfant et doit l’aider à reprendre un bon développement tout en s’efforçant de ne pas juger ses parents car ce sont ses racines et il y tient. Mais, un peu comme dans une situation de séparation parentale, si les parents se déchirent et se critiquent l’un l’autre, l’éclatement de la famille sera vécu d’autant plus douloureusement pour l’enfant ; si par contre ils arrivent à s’entendre sur les choses principales le concernant, l’enfant se sentira bien plus en sécurité : il saura de quoi sera faite sa vie quotidienne, n’aura pas à entendre les reproches adressés à l’autre et sera libre d’aimer chacun de ses parents pour ce qu’il est et pour ce qu’il lui apporte.

 

C’est donc l’intérêt prioritaire de l’enfant qui devrait motiver parents et familles d’accueil à faire le maximum pour arriver à s’accorder sur l’essentiel.

 

 

 

 

 

Bol d’air bienvenu pour parents et enfants!

Le syndrôme de l’hyper-parentalité

Dans La Libre de ce 24.04.16 paraissait un article de Bruno Humbeeck intitulé « Le syndrome d’hyper-parentalité’’. L’analyse développée par ce psychopédagogue belge m’a fait réfléchir et sourire aussi, en reconnaissant certaines de mes attitudes de maman et de maman d’accueil. J’ai eu envie de partager avec vous ce que j’en ai retenu, pour que vous aussi, vous puissiez vous accorder un grand bol d’air, et donner de l’espace à vos enfants !

 

La contraception de mieux en mieux généralisée et maîtrisée nous a permis de passer de l’enfant non voulu à l’enfant désiré, et même plus tard à l’enfant programmé. Or, écrit Bruno Humbeeck, « des enfants désirés et programmés, c’est exactement ce qu’il fallait pour mettre d’emblée sous pression ces parents nouveaux qui, parce qu’ils doivent maintenant assumer la responsabilité totale de la venue au monde de leur enfant, se sentent, du même coup, responsables de tout ce qui lui arrive comme de tout ce qui pourrait lui arriver. Et ces parents hyper-responsables deviendront rapidement des parents oppressés (…), très exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes, qui ont décidé de mettre au monde non pas un enfant, mais un enfant heureux et destiné à le demeurer jusqu’à la fin de leur vie’’.

 

On voit alors apparaître trois attitudes qui ont tendance à se renforcer mutuellement et à s’organiser en syndrome.

 

Les trois symptômes de l’hyper-parentalité

 

Le parent-hélicoptère : le parent cherche à contrôler tout ce qui se passe dans et autour de la vie de l’enfant, tournant autour de lui un  peu comme un hélicoptère. « Que fais-tu, que lis-tu, à quoi joues-tu, avec qui es-tu… ? » Il envoie à l’enfant des messages contradictoires du type « Explore ton environnement pour apprendre mais reste près de moi’’, ‘’sois autonome mais ne t’éloigne pas de moi ».

 

Le parent-drone : « Ce trouble du comportement parental évoque l’attitude du parent qui ne tolère que ce qui lui semble, à ses yeux d’adulte, le meilleur pour son enfant sur le plan éducatif comme sur celui de son développement individuel’’ : la meilleure école (même si les amis sont ailleurs), le meilleur jeu (même si ennuyeux)… « tout pourvu que ce soit le meilleur et que cela contribue à rendre son enfant encore meilleur ». Cette attitude amène également le parent à ne tolérer chez le petit être en développement dont il a la charge que la recherche d’émotions positives (la joie) en évacuant tout le registre émotionnel qui s’en éloigne (tristesse, colère, peur, dégoût).

Le parent-curling : c’est la tendance à « n’agir en permanence qu’en fonction du bonheur présent de l’enfant et de sa réussite future’’. L’image du curling (le joueur lançant la pierre puis la lâchant au bon moment de façon à ce qu’elle arrive dans la ‘’maison’’) évoque l’acte éducatif : »lancer » harmonieux suivi d’un « lâcher » au bon moment pour mettre celui que l’on éduque en position d’atteindre la cible ; mais elle suggère aussi les dérives névrotiques possibles : de même que les joueurs de curling balayent de façon précise devant la pierre pour orienter sa trajectoire et favoriser l’atteinte de la cible, de même ces parents-curlings peuvent dépenser beaucoup d’énergie à « balayer » devant leur enfant tout au long de son  développement,  s’imaginant ainsi pouvoir influencer de façon déterminante sa trajectoire( vers le bonheur bien sûr). Oublieux d’eux-mêmes, ils consacrent l’essentiel de leur attention et de leurs activités à l’accompagnement actif du développement de leur enfant… oubliant que la réussite de l’acte éducatif dépend surtout de la qualité du ‘’lancer-lâcher’’ initial.

 

L’hyper-parentalité épuise le parent comme l’enfant

Le parent s’épuise à réaliser les exigences démesurées qu’il s’est imposées ; tout entier concentré sur l’accompagnement de l’enfant, il en oublie son propre bien-être ; cela peut aller jusqu’au burn out.

 

L’enfant, lui, est soumis à une pression implicite très forte : il doit se montrer perpétuellement heureux et réaliser un parcours sans faute pour rassurer des parents qui s’angoissent au moindre échec, au moindre obstacle ou difficulté dans la course au bonheur. Cela peut induire par exemple des difficultés d’apprentissage, une phobie scolaire, une hyperkinésie… qui attirent l’attention sur le symptôme alors que celui- ci n’est que le signe d’un trouble plus profond de la parentalité. Le paroxysme est souvent atteint à l’adolescence, qui « gonfle » tout comme le levain dans le pain : « à bout de souffle, certains parents en viennent alors à consulter dans l’urgence pour une crise de l’adolescent qui, le plus souvent, demeure essentiellement la leur ».

 

A retenir

 « Tout faire pour son enfant, c’est aussi étouffer pour lui. Et ce n’est pas ce qui est attendu d’un parent. Les enfants ont, pour grandir et s’épanouir, un urgent besoin de parents qui respirent et prennent le temps de le faire. (…) Une éducation réussie prend le plus souvent la forme d’un savoureux cocktail constitué d’une juste mesure d’intérêt bienveillant, d’un zeste de délicatesse affective et d’une énorme dose de sérénité ».

 

1http://www.lalibre.be/debats/opinions/le-syndrome-d-hyper-parentalite-571a4ea835708ea2d4cbf58b

 

Quand la future maman boit, son bébé boit aussi

Un article du Soir 1 fait le point sur les connaissances récentes en matière de syndrome d’alcoolisation fœtale. Selon des études internationales, de 1 à 3 % des nouveaux-nés, voire 10 % selon certaines données, pourraient développer au cours de leur vie des problèmes physiques ou comportementaux liés à leur exposition à l’alcool durant la grossesse. Il s’agit donc d’un phénomène de grande ampleur, qui mérite qu’on y réagisse.

1 Source : article du Soir Quand la mère boit, son fœtus trinque par Laetitia Theunis, 19.04.2016

En fait, quand une future maman boit, le taux d’alcool dans le sang du bébé est identique au sien…à la différence que le fœtus n’a pas un foie mature, donc la mère éliminera plus vite l’alcool de son sang que le bébé… Celui-ci sera donc exposé de façon plus longue à l’alcool. Et il n’y a pas de seuil en-dessous duquel l’alcool ne serait pas néfaste : même un seul verre peut être nocif. Distinguer l’alcool fort ou faible est un leurre : ce qui compte, c’est la quantité d’alcool avalée, et là, un verre de bière (25 cl) par exemple équivaut à un verre de vin (10 cl) ou à 3cl de whisky, précise le Dr Orban.

 

Or l’alcool provoque divers dégâts selon le stade de la grossesse. Au 1r trimestre, la plupart des organes sont en train de se former, c’est donc la période la plus à risque. Durant les 2e et 3e trimestres, c’est le développement du cerveau qui est en danger. Selon le Dr Th. Orban, alcoologue, ‘’l’alcool est la première cause de handicap mental évitable à la naissance’’.

 

Quelles en sont les conséquences concrètes pour le bébé ? La forme extrême du SAF (syndrome d’alcoolisation fœtale) s’identifie tout de suite : visage particulier, petit poids, petit crâne. Des bébés naissent avec une dépendance à l’alcool, qui doit être soignée avec des médicaments pendant quelques semaines en néonatologie. Mais d’autres conséquences n’apparaîtront que plus tard : hyperactivité (10 à 15 % des cas seraient liés à l’exposition à l’alcool), retard mental, retard de langage, difficultés de mémorisation, intolérance à la frustration, troubles du caractère et de la relation… Ces difficultés peuvent amener d’autres problèmes comme la petite délinquance quand le jeune ne sait pas intégrer les règles, anticiper les conséquences…

 

Que faire ?

 

En premier lieu, informer. L’alcool est souvent banalisé : un verre de temps en temps, ce n’est rien, dit-on. Mettre sur les boissons alcoolisées un pictogramme indiquant une femme enceinte barrée : c’est obligatoire en France mais pas chez nous. Indiquer sur les bouteilles la quantité exacte d’alcool qu’il contient, pour ne pas imaginer qu’un verre de bière, c’est moins grave qu’un petit verre de whisky.

 

Enfin, il existe depuis janvier 14, à l’hôpital de la Citadelle à Liège, le service Coala (Coordination et accompagnement du lien parental et des assuétudes) pour accompagner des femmes enceintes dépendantes de l’alcool, qu’il s’agisse d’une consommation régulière ou occasionnelle.  Le programme est établi au cas par cas : un sevrage brutal peut être très dangereux pour la mère comme pour l’enfant ; dans certains cas, on va plutôt tenter de réduire et de stabiliser la consommation.

 

 

 

Editorial

Après une journée de rencontre riche en émotions et en partages sur les sentiers des castors, La Porte Ouverte a soufflé ses 20 bougies et nous avons formulé quelques magnifiques vœux pour le futur de nos familles !

Dans ce dossier, nous avons repris deux thématiques abordées récemment dans la presse : le syndrome d’alcoolisme fœtal et un autre syndrome moins connu, celui d’hyper-parentalité. Ces deux concepts qui animent les spécialistes, qu’ont-ils à nous dire ?

Nous pensons qu’en parler sert à mieux les connaître pour mieux les appréhender, trouver des solutions, connaître les services qui pourront guider, soutenir les familles.

Ce journal est aussi l’occasion de revenir sur l’importance du congé parental pour nos familles, un soutien qui serait plus que bienvenu à certains moments du parcours de l’accueil.

Deux législations relatives aux enfants accueillis et placés font leur chemin : le statut des familles d’accueil a été adopté en première lecture à la chambre et est en attente d’un avis au Conseil d’Etat. Nous en retraçons les principes dans ces pages. La résolution relative aux bébés parqués en hôpitaux reprend l’accueil familial comme partie intégrante du dispositif proposé.

En fin de journal vous trouverez les formulaires d’inscription aux stages Oxygène du 30/10 au 5/11/2016 pour un retour au pays imaginaire ou bien pour suivre les traces d’un célèbre inspecteur.

Alors, prêts à continuer l’aventure tous ensemble ? On n’est jamais seuls et la richesse de nos partages rend la route encore plus intéressante et amusante pour petits et grands !

Bonne lecture !

Et merci de partager vos idées et réactions !