Bol d’air bienvenu pour parents et enfants!

Le syndrôme de l’hyper-parentalité

Dans La Libre de ce 24.04.16 paraissait un article de Bruno Humbeeck intitulé « Le syndrome d’hyper-parentalité’’. L’analyse développée par ce psychopédagogue belge m’a fait réfléchir et sourire aussi, en reconnaissant certaines de mes attitudes de maman et de maman d’accueil. J’ai eu envie de partager avec vous ce que j’en ai retenu, pour que vous aussi, vous puissiez vous accorder un grand bol d’air, et donner de l’espace à vos enfants !

 

La contraception de mieux en mieux généralisée et maîtrisée nous a permis de passer de l’enfant non voulu à l’enfant désiré, et même plus tard à l’enfant programmé. Or, écrit Bruno Humbeeck, « des enfants désirés et programmés, c’est exactement ce qu’il fallait pour mettre d’emblée sous pression ces parents nouveaux qui, parce qu’ils doivent maintenant assumer la responsabilité totale de la venue au monde de leur enfant, se sentent, du même coup, responsables de tout ce qui lui arrive comme de tout ce qui pourrait lui arriver. Et ces parents hyper-responsables deviendront rapidement des parents oppressés (…), très exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes, qui ont décidé de mettre au monde non pas un enfant, mais un enfant heureux et destiné à le demeurer jusqu’à la fin de leur vie’’.

 

On voit alors apparaître trois attitudes qui ont tendance à se renforcer mutuellement et à s’organiser en syndrome.

 

Les trois symptômes de l’hyper-parentalité

 

Le parent-hélicoptère : le parent cherche à contrôler tout ce qui se passe dans et autour de la vie de l’enfant, tournant autour de lui un  peu comme un hélicoptère. « Que fais-tu, que lis-tu, à quoi joues-tu, avec qui es-tu… ? » Il envoie à l’enfant des messages contradictoires du type « Explore ton environnement pour apprendre mais reste près de moi’’, ‘’sois autonome mais ne t’éloigne pas de moi ».

 

Le parent-drone : « Ce trouble du comportement parental évoque l’attitude du parent qui ne tolère que ce qui lui semble, à ses yeux d’adulte, le meilleur pour son enfant sur le plan éducatif comme sur celui de son développement individuel’’ : la meilleure école (même si les amis sont ailleurs), le meilleur jeu (même si ennuyeux)… « tout pourvu que ce soit le meilleur et que cela contribue à rendre son enfant encore meilleur ». Cette attitude amène également le parent à ne tolérer chez le petit être en développement dont il a la charge que la recherche d’émotions positives (la joie) en évacuant tout le registre émotionnel qui s’en éloigne (tristesse, colère, peur, dégoût).

Le parent-curling : c’est la tendance à « n’agir en permanence qu’en fonction du bonheur présent de l’enfant et de sa réussite future’’. L’image du curling (le joueur lançant la pierre puis la lâchant au bon moment de façon à ce qu’elle arrive dans la ‘’maison’’) évoque l’acte éducatif : »lancer » harmonieux suivi d’un « lâcher » au bon moment pour mettre celui que l’on éduque en position d’atteindre la cible ; mais elle suggère aussi les dérives névrotiques possibles : de même que les joueurs de curling balayent de façon précise devant la pierre pour orienter sa trajectoire et favoriser l’atteinte de la cible, de même ces parents-curlings peuvent dépenser beaucoup d’énergie à « balayer » devant leur enfant tout au long de son  développement,  s’imaginant ainsi pouvoir influencer de façon déterminante sa trajectoire( vers le bonheur bien sûr). Oublieux d’eux-mêmes, ils consacrent l’essentiel de leur attention et de leurs activités à l’accompagnement actif du développement de leur enfant… oubliant que la réussite de l’acte éducatif dépend surtout de la qualité du ‘’lancer-lâcher’’ initial.

 

L’hyper-parentalité épuise le parent comme l’enfant

Le parent s’épuise à réaliser les exigences démesurées qu’il s’est imposées ; tout entier concentré sur l’accompagnement de l’enfant, il en oublie son propre bien-être ; cela peut aller jusqu’au burn out.

 

L’enfant, lui, est soumis à une pression implicite très forte : il doit se montrer perpétuellement heureux et réaliser un parcours sans faute pour rassurer des parents qui s’angoissent au moindre échec, au moindre obstacle ou difficulté dans la course au bonheur. Cela peut induire par exemple des difficultés d’apprentissage, une phobie scolaire, une hyperkinésie… qui attirent l’attention sur le symptôme alors que celui- ci n’est que le signe d’un trouble plus profond de la parentalité. Le paroxysme est souvent atteint à l’adolescence, qui « gonfle » tout comme le levain dans le pain : « à bout de souffle, certains parents en viennent alors à consulter dans l’urgence pour une crise de l’adolescent qui, le plus souvent, demeure essentiellement la leur ».

 

A retenir

 « Tout faire pour son enfant, c’est aussi étouffer pour lui. Et ce n’est pas ce qui est attendu d’un parent. Les enfants ont, pour grandir et s’épanouir, un urgent besoin de parents qui respirent et prennent le temps de le faire. (…) Une éducation réussie prend le plus souvent la forme d’un savoureux cocktail constitué d’une juste mesure d’intérêt bienveillant, d’un zeste de délicatesse affective et d’une énorme dose de sérénité ».

 

1http://www.lalibre.be/debats/opinions/le-syndrome-d-hyper-parentalite-571a4ea835708ea2d4cbf58b

 

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