Dossier: Adolescence, de la découverte de soi à la création … ou à la destruction

Une conférence à Liège de Xavier Pommereau, psychiatre responsable d’un service pour ados au CHU de Bordeaux, abordant ‘’Le goût du risque à l’adolescence : le comprendre et l’accompagner’’. 1

Une interview dans Le Ligueur de Daniel Marcelli, chef du service de psychiatrie infanto-juvénile au CH Henri Laborit de Poitiers et auteur de l’ouvrage ‘’Avoir la rage-Du besoin de créer à l’envie de détruire’’. 2

Et des analyses, des questions, des propositions qui se complètent pour nous aider à mieux comprendre ce qui se joue à l’adolescence et pour accompagner nos ados afin que leur besoin d’exister en tant qu’individu unique se traduise dans la construction et non dans la destruction.

 

Quand les ados pètent les plombs : interview de D. Marcelli.

Mutation éducative : du souci de l’autre au souci de soi, des règles à la stimulation

‘’L’éducation d’avant 1970 consistait à bien élever l’enfant. Donner des règles, un cadre, c’était la priorité de tous les parents. L’idée que l’enfant soit heureux était secondaire. Aujourd’hui, un enfant de 3 mois n’est plus un être immature qui est incapable de se nourrir par lui-même, c’est un être humain doué de compétences. Et le devoir des parents, c’est de stimuler le potentiel de l’enfant et non de l’élever en se reposant sur les règles du passé. (…) Au lieu d’adapter l’enfant à la société, il faut s’adapter à l’enfant.

Il y a trois potentiels : le potentiel intellectuel (comprendre son monde), le potentiel physique (être bien dans son corps) et le potentiel effectif (être heureux dans sa vie).’’

  1. Marcelli explique qu’avec ce changement, la clé de l’éducation a disparu : les parents savaient comment bien élever un enfant, mais pas comment stimuler les potentialités de leur enfant, par définition différent de tous les autres. ‘’Les parents cherchent comment stimuler l’enfant et ils l’exhortent à développer ses potentiels : Montre-moi ce que tu sais faire, plutôt que Tiens-toi bien ! etc. C’est ce qu’on appelle la parentalité, un néologisme qui signifie se mettre au service de l’enfant. Le parent venait avant l’enfant, c’était généalogique. La parentalité, elle, vient après l’enfant, une fois qu’il est là, en réponse à ses besoins de développement. Les parents avaient autorité sur l’enfant, alors qu’aujourd’hui, l’enfant a autorité sur la parentalité de ses géniteurs.’’

Parallèlement à cette prise de conscience d’un enfant doué de potentiels,  la famille s’est transformée : égalité hommes-femmes, fragilisation du lien conjugal. Cela aboutit notamment ‘’à une sorte de rivalité entre les parents pour l’amour de l’enfant. Autrefois, le parent interdisait et commandait Fais pas ci, fais pas ça et il menaçait Sinon t’auras une claque ou l’équivalent psychologique d’une claque. On est passé de l’interdit qui freine les potentiels à l’exhortation qui les stimule, de la menace qui est disqualifiée comme stratégie éducative à la séduction : Fais-moi plaisir. Avec l’accent mis sur le désir de l’enfant : Qu’est-ce que tu veux faire ? L’enfant est installé au cœur du souci parental.’’

  1. Marcelli explique qu’on est passé d’une éducation où domine le souci de l’autre (faire attention, être poli, bien se comporter…) à une éducation qui fabrique des individus. ‘’L’individu est dans la recherche de la satisfaction de lui-même, du souci de soi. Son désir prime. Et son échec, ce n’est pas la culpabilité mais l’insatisfaction. Et donc la revendication : J’exige que l’autre fasse ce dont j’ai besoin. Les enfants arrivent à l’adolescence avec cette éducation-là.’’

Qu’est-ce qui se joue à l’adolescence ?

‘’C’est une période de fragilité narcissique. Ils ont une excitation intérieure dont ils ne savent pas quoi faire et qu’ils ne savent pas comment satisfaire. Ils ont toujours le sentiment de ne pas être compris. En même temps, ils sont dans la transformation pubertaire avec une interrogation sur l’identité : Qui suis-je, que vais-je devenir ? Et ils sont confrontés à la sexualité, qui est quelque chose d’infernal puisque ça entraîne la dépendance au désir de l’autre et donc à son impuissance relative. ‘’

J’ai la rage ! Cette expression très courante chez les ados actuels traduit une immense demande de reconnaissance. Ils ne le disaient pas il y a 40 ans. ‘’Il y a des constantes comme la crise de la puberté, l’envie de prouver au monde qu’on est capable de faire quelque chose, de créer un monde nouveau’’. Mais, comme développé plus haut, l’éducation a changé depuis 1970, de centrée sur l’autre et l’apprentissage des règles, elle est devenue centrée sur l’individu et sa satisfaction, le développement de son potentiel.  ’’La rage, c’est l’état émotionnel qui surgit quand on se trouve soit seul (physiquement ou moralement), soit impuissant. Le sentiment que l’autre ne fait aucun effort pour vous comprendre. Et l’impuissance, c’est le sentiment qu’on n’a pas d’action sur la marche du monde, qu’on ne sert à rien. La colère a un objet : on est en colère contre quelqu’un ou quelque chose. Alors que la rage est un état avec soi-même. On est en rage contre tout.

L’explosion de rage est une explosion orgiaque : on meurt et on tue les autres. Aux Etats-Unis, ces jeunes qui prennent un flingue et descendent tout le monde, ce sont des actes de destruction de soi et des autres’’.

Prévenir l’explosion de rage : écoute, empathie, considération, créativité

‘’Par l’empathie. L’empathie, c’est la reconnaissance par l’autre, c’est la considération : Je t’écoute, je ne partage pas nécessairement ton avis, mais je comprends tes arguments. Et sur le plan affectif : Je vois bien que tu es en colère, mais explique-moi pourquoi. La rage, c’est la tension de l’isolement, et l’empathie, c’est ce qui ramène dans la relation humaine. Si la rage, avant qu’elle n’explose, est reconnue par l’autre qui dit à l’adolescent : Je vois bien que tu es très en colère, viens, on va essayer d’en faire quelque chose, on va dessiner, taper sur une batterie, on va courir ; si l’adolescent est aidé, il peut exprimer sa rage dans un acte créatif. Et la créativité, c’est l’acte singulier qui est la signature de l’individu. Donc, tous les adolescents sont dans une course à l’échalote de leur créativité. Parce que, grâce à elle, ils vont être reconnus comme individus. Mais s’ils n’ont pas de don, ne sont pas accompagnés et vivent dans une famille où on ne cesse de leur dire qu’ils sont cons, et dans une société qui les dévalorise, pour des raisons ethniques ou autres, alors là ils pètent les plombs et se disent qu’ils peuvent être au moins géniaux dans la destruction.’’

A l’adolescence, on est plastique, c’est ‘’la période où on peut changer et évoluer.’’

La rage jusqu’au radicalisme

‘’Aujourd’hui, un certain nombre de jeunes qui sont pris dans cette spirale de la dévalorisation, de la perte d’estime d’eux-mêmes, de l’humiliation, choisissent la voie du génie destructeur. Si la société ne satisfait pas leur besoin de reconnaissance, ils peuvent devenir des bombes potentielles parce qu’ils ne peuvent trouver les voies de leur propre créativité. De tout temps, quelques adolescents ont fait ça. Mais aujourd’hui, il leur suffit de se retirer dans leur chambre et d’aller sur internet où un séducteur va leur chanter : Je t’ai reconnu, toi, tu es quelqu’un de bien, tu as de grandes choses devant toi. Les pervers narcissiques tentent de dominer l’autre par la séduction et dès que l’autre fait mine d’indépendance, ils deviennent violents. Les radicalisés sont tous tombés sur des pervers narcissiques, des séducteurs comme cet ancien éducateur passé à Daesh et qui a déjà à son actif 3 terroristes, celui qui a tué un couple de policiers, celui qui a égorgé un curé et celui qui a commis l’attentat de Nice avec son camion. D’un côté, ils promettent le paradis, de l’autre, ils imposent la frustration : Tu ne baiseras plus, tu ne boiras plus, tu ne fumeras plus. Cette frustration exacerbe la rage qui va être l’instrument de la radicalisation violente et, en même temps, elle restaure un sentiment d’estime de soi puisque le jeune a triomphé de ses pulsions. Le piège est parfait.’’

 

Le goût du risque à l’adolescence : le comprendre et l’accompagner  :
Quelques extraits de la conférence du Dr Xavier Pommereau

Une société de consommation et de zapping

Dans quel contexte vivent nos ados ? S’ils observent notre comportement face à la nourriture : on prend, on jette, éventuellement en la rendant non comestible (20 %  de nourriture jetée en supermarché). Quand quelque chose ne nous plaît pas, on zappe : on ne tolère pas d’attendre, on ne supporte pas l’ennui.

Des prises de risque pour grandir

L’adolescence signifie croître, grandir. Les ados veulent explorer le monde, tester les limites, se mettre à l’épreuve. Comment ? En jouant à se faire peur, en recherchant les sensations fortes, en se mettant en danger pour se prouver leurs capacités, et le faire reconnaître par leurs pairs, de sorte de se singulariser et de devenir populaires (cf le succès de Facebook).

Pour cela, 85 % des ados vont faire des « pas de côté’’, des transgressions marquant qu’ils refusent de suivre aveuglément. Ils vont voir des films d’horreur (qui parlent en fait d’amour et de mort), se faire peur sur les manèges, prendre des risques en aimant… Ils ont besoin de se mettre en évidence, d’être reconnus ; ils cherchent à avoir beaucoup de likes sur les réseaux sociaux et, pour les obtenir, ils vont s’exposer, prendre parfois certains risques (ex : se filmer en train de boire ou de tenter une performance). Il n’est pas conseillé d’abandonner notre maison à un ado de 16 ans sans adulte à proximité : on sait que ses invités viendront avec des alcools forts du genre vodka, rhum…

Pourquoi le binge drinking (biture express) ou consommation maximum d’alcool en un minimum de temps ? Parce que, du lundi au jeudi, c’est pour l’ado la période ‘’prise de tête’’ : l’école, puis les questions des parents sur l’école, les disputes avec les parents ou la fratrie, les états d’âme de son parent en cas de séparation… Donc, à partir du jeudi soir, il a envie de passer en mode ‘’lâchage’’. Et comme c’est un enfant de l’immédiateté, qui ne sait pas attendre et différer, pour sortir du carcan (ou ressenti comme tel) le plus vite possible, il s’alcoolise très vite.

Autre risque : certains jeunes affirment ‘’Moi, c’est la confiance ou rien’’ et n’utilisent pas de préservatif.

L’adolescent est en recherche d’identité. L’identité, c’est se sentir un et indivisible, c’est se sentir être soi-même et distinct de ceux dont on est issu, tout en s’en rapprochant par certains côtés. Une adoption, un non-dit sur la filiation par exemple peuvent créer une brisure identitaire : l’ado ne sait pas qui il est. A l’adolescence a lieu une ébullition identitaire qui cherche à être apaisée par des moyens plus ou moins adaptés. On assiste à une tentative parfois désespérée de se chercher, de se trouver…parfois au risque de se perdre.

Une prise de distance par rapport aux parents

85 % des familles monoparentales sont des femmes contre 10 % d’hommes. Celles-ci ont tendance à se replier sur leurs enfants, donc l’ado a encore plus envie de s’écarter, de ne pas épouser la cause parentale, de ne pas se fondre avec ses parents ; d’autant plus qu’à l’adolescence, l’oedipe est réactivé (attirance vers le parent de l’autre sexe, à laquelle le jeune va réagir en allant vers l’extérieur chercher un(e) partenaire). A l’adolescence, ce n’est donc pas aux parents de passer un maximum de temps avec leurs jeunes, ceux-ci n’en ont pas envie ; par contre, les autres adultes sont considérés comme ‘’top’’, c’est donc le moment d’échanger nos enfants, ça se passera sûrement bien et adoucira notre regard sur notre ado !

Un autre facteur poussant les ados à prendre leurs distances, c’est une valorisation telle de la jeunesse dans notre société (‘’sénior’’ devenant un gros mot !) que les adultes veulent se rapprocher de l’adolescence. On voit ainsi un père passant son permis moto à 42 ans, un autre proposant à sa fille d’aller voir un film d’horreur avec elle et ses copines…

Devant son ado qui s’écarte et est difficile à cerner, l’adulte ne doit pas céder à la tentation de fouiller sa chambre. C’est surtout les mères qui le font… Mais les ados disposent d’un répulsif anti-mère : l’odeur de fauve !

Un passage difficile pour certains ados

Pour 15 % des adolescent(e)s, cette période sera plus compliquée du fait de leur histoire, de leur passé. Ils vont faire le grand écart au risque de déchirure, rupture, coupure, brisure. Ils tentent de s’arracher à notre environnement sans qu’il soit nécessairement mauvais (arrachement par l’alcool, les scarifications qui concernent 10 % des élèves, la fugue, l’absentéisme scolaire…)

Ils veulent confirmer une identité blessée, sont dans une quête éperdue de reconnaissance (comme étant en souffrance). En cas de fugue, la pire réaction serait donc de ne pas les chercher, de laisser aller. De même, ce n’est pas par hasard qu’ils laissent des traces de leur passage (vomissements ou autres traces) ; ils attendent qu’on les questionne : ‘’On a vu que…, tu es malade, tu … ?’’ On peut remarquer de la boulimie, de l’anorexie. X. Pommereau explique qu’une crise de boulimie coûte en moyenne 30 € par crise, ce qui peut conduire un jeune à voler, revendre, se prostituer, dealer de la drogue. Il y a beaucoup de micro-dealers.

Certains jeunes vont se radicaliser, avec des motivations différentes pour les garçons et les filles. Le jeune qui a le sentiment que ses parents et ses grands-parents se sont courbés devant le pouvoir colonial peut vouloir les venger. Certains jeunes sont aspirés par le risque du combat (utiliser de vrais AK47) à la mesure de la publicité qu’en font les médias.

Les filles ont une vision plus romantique. Observant une société où on sépare sexualité et sentiments (‘’C’est rien, c’est un plan cul entre potes’’), voyant des fêtes très alcoolisées, très ‘’cannabisées’’, où les filles se laissent aller à faire n’importe quoi, elles peuvent être tentées de se voiler et de devenir la femme d’un combattant djihadiste dans une vision romantique des choses.

Si on les met ensemble entre semblables, ils se renforcent. Le plus efficace est d’essayer de recréer des liens affectifs avec leurs proches (dont ils se sont distanciés parce que le discours djihadiste leur a affirmé que leurs parents n’étaient pas de bons musulmans).

A une question sur la signification de l’entrée dans une secte, X. Pommereau répond que c’est se rapprocher d’une cause absolue ne supportant pas le doute. Evacuer le doute, c’est évacuer l’angoisse.

Quid des jeunes accros à leurs jeux ? S’enfermer dans les jeux vidéos nuit et jour est une radicalisation pour se sentir exister alors qu’on a des raisons de ne pas savoir qui on est.

‘’Les ados qui vont mal ne font jamais n’importe quoi : on peut observer, décoder le sens. La très grande majorité des déviances constituent une tentative désespérée d’échapper à une souffrance insupportable : il faut donc essayer de ne pas cataloguer car c’est inefficace, mais se demander quelle est l’économie (les bénéfices) de cette déviance ; de là se dégageront des pistes’’.

Etre parent d’ado

En dehors des grands interdits ( inceste, meurtre…), les interdits (de fumer…) sont plutôt une incitation à explorer ! Mais le parent peut par exemple décréter que, pour la santé de tous, la maison sera un lieu sans tabac : l’ado respectera la règle s’il s’agit d’une règle partagée.

Supporter l’utilisation du portable, de la tablette, de l’ordinateur pendant la nuit ? NON car le temps de sommeil se réduit (l’ado chatte, regarde des séries…). Ne pas interdire mais dire que, la nuit, les portables dorment aussi… et les mettre TOUS en charge dans la cuisine, donc aussi ceux des parents.

L’égalité entre citoyens se décline aussi à la maison…

Face à tout ce qui peut se passer dans une famille (ex : relations dans une fratrie, haut lieu de jalousie), la capacité de contenance des parents a toute son importance. Par des soutiens métaphoriques, des images, ils peuvent leur faire comprendre certaines choses.

La révolution numérique inverse les rapports : ce sont les jeunes qui apprennent à leurs parents. On peut accepter d’utiliser nos ados comme guides, tout en veillant à discuter avec eux de ces nouveaux outils. Accompagner plutôt que résister. X. Pommereau déconseille aux parents d’être amis avec leurs ados sur Facebook : ils filtreront ce qu’ils auront envie d’y mettre.

Quelles solutions face à un ado qui va mal ?

(Rappelons que Xavier Pommereau est médecin dans un centre hospitalier pour ados).

Imposer de force (« Arrête de te couper… ») ne marche pas. On essaye plutôt de faire de l’aïkido mental c’est-à-dire d’utiliser la force de l’autre. ON TENTE DE trouver les compétences du jeune. A partir de là, comme les ados d’aujourd’hui montrent les choses plutôt qu’ils ne les expriment, on essaye de trouver des  supports métaphoriques pour qu’ils puissent se dire à travers cela.

Je demande au jeune s’il prend un défi pour demain –) Oui, bien sûr, lequel ? Le défi que je vais te poser. Exemple : j’avais remarqué le grand talent d’une ado pour se maquiller. Je lui ai donc proposé comme défi ‘’Pour demain, je voudrais que tu te maquilles aux couleurs de ta tristesse’’.

Nous misons sur les compétences plutôt que de souligner les insuffisances. Nous donnons un soutien, des supports pour permettre de se dire. Ces ados sont intelligents et très sensibles (sinon ils ne seraient pas en vibration identitaire). Une fois le chemin entamé via la poésie, la vidéo… , ils pourront peut-être se dire de façon plus « classique ». Le théâtre, le psychodrame, les ateliers de méditation (ils n’ont généralement jamais été interrogés sur ce qui se passe quand ils respirent) marchent très bien.

1 Quand les ados pètent les plombs in Le Ligueur n° 21, 16 novembre 16, page 8

2 Le goût du risque à l’adolescence : le comprendre et l’accompagner conférence par le Dr Xavier Pommereau,
proposée par Openado, Liège, le 25 octobre 2016

 

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